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Journal d'un peintre

(Cynthia, tempera à l'œuf sur papier)

CHATS

« Les amoureux fervents et les savants austères
 Aiment également, dans leur mûre saison
 Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
 Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

(Le Père de l'artiste, huile sur bois marouflé)

 Amis de la science et de la volupté,
 Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;
 L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
 S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

(Le Chat noir, lavis d'encre sepia)

 Ils prennent en songeant les nobles attitudes
 Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
 Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;

(Sphynx, huile sur bois)

 Leurs reins féconds sont plein d'étincelles magiques,
 Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
 Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques. »

 Charles Baudelaire

(Le Foyer, tableau virtuel)

(Le Chat & ses amies, huile sur toile)

« Non, le chat n’est ni cruel, ni égoïste, ni sadique, ni hypocrite...

Il est tout simplement le chat! Une bête qu’aucune civilisation n’a pu réduire à l’esclavage. Il est trop tôt! Le chien est auprès de l’homme depuis près d’un million d’années. Le chat est à peine contemporain de l’homme dit civilisé! Le chien fut l’animal le premier asservi. Le chat est le dernier domestiqué.

Pourquoi se serait-il voué en quelques dizaines de siècles à peine à cet homme qui — l’Égypte exceptée — ne s’est jamais donné la peine de l’observer pour le comprendre?

Le chat est un indépendant.

Est-ce cela qui vous irrite? »

 

 

(Masque chat, aquarelle)

 

Sa Majesté le Chat!...

Son Mystère le Chat serait plus juste !

(Lecture, huile sur carton toilé)

(Mille bornes, aquarelle)

(Le Panier, aquarelle)

« On dirait que le chat n’attend plus rien, ni de la vie ni de personne... Il est le prisonnier du Temps.

(La Porte du jardin, tableau virtuel)

  Cette humanité un peu folle qui s’agite, palabre et gesticule autour de lui, il la connaît.

Il l’a depuis longtemps jugée. Il l’a comprise.

Il la subit.

  Se souvient-il qu’il fut un dieu? »

 

 

(Le Guet, huile sur bois)

 

  « Se souvient-il qu’il fut plus craint qu’un roi?

  Qu’il fut, à l’heure de la mort, plus entouré, plus vénéré qu’un prince?

  Et le chat qui meurt aujourd’hui, attend-il simplement qu’ou lui rende le même culte, qu’on lui dise les mêmes mots, qu’on ait pour lui les mêmes gestes qu’eurent jadis, sous le ciel égyptien, SES AMIS, à jamais disparus?

  Qui peut savoir?

Régner ne puis, Servir ne daigne, LE CHAT, JE SUIS! »

 

 

(Lundi, huile sur papier encollé)

 

  « Telle est, ou telle pourrait être la devise de cet animal fabuleux dont on ne sait rien, presque rien, sinon qu’il est de tous les animaux du globe, le seul qui soit à mi-chemin entre l’animal domestique et celui que l’on dit sauvage, et le seul qui n’ait jamais fait, au cours des jours heureux ou des heures néfastes, autre chose que son bon plaisir!... »

 

 

(Cynthia, tempera à l'œuf sur bois)

 

« Est-ce cette obéissance ancestrale au seul instinct qui donne au chat sa personnalité? Peut-être... Il n’en est pas, en tout cas, de plus attachante, de plus affirmée, de plus troublante.

Le chat mange quand il a faim, boit quand il a soif, et c’est pour satisfaire uniquement ses appétits qu’il se résout à sortir de sa naturelle indolence. »

 

 

(La Sieste, aquarelle)

 

 

« Libre au chien de s’accommoder de l’égoïsme de l’homme, de guetter dans ses yeux l’aumône d’un regard, libre au chien de confirmer son esclavage... Le chat, lui, ne s’y soumet point, et c’est là ce qui fait son charme. »

 

(Fernand Méry, Sa Majesté le Chat)

(Le Chat de mars (détail), tableau virtuel)

 

Chats
© 2010 août 2007