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( La Fée de Novembre, tableau virtuel)

FEES

« Fées, répandez partout
La rosée sacrée des champs... »

(W. Shakespeare, le Songe d'une nuit d'été.)

(Harmonie du Soir, tableau virtuel)

Les fées existent-elles ? Et qui sont-elles ?

À ces deux questions, qui en vérité n'en font qu'une, l'homme d'aujourd'hui a apporté plusieurs réponses, dont voici les plus courantes, sinon les plus admises :

-- les fées n'existent pas. C'est une façon poétique d'évoquer la femme idéale et le canon érotique d'une époque.

-- les fées sont des productions de l'inconscient. Un transfert compensatoire, pour les freudiens. Une personnalisation de l'anima, pour les jungiens.

-- les fées sont le souvenir idéalisé de personnalités initiatiques du paganisme matriarcal.

-- les fées sont le résultat de l'anthropomorphisation de forces célestes qui présidaient au destin des hommes. (Fées, du latin fata : les destinées). Exemple, les sept fées invitées autour du berceau = les sept planètes.

(Les Fées sont d'exquises danseuses..., tableau virtuel)

Toutes ces propositions, à vrai dire, ne s'excluent pas forcément et chacune peut contenir une part de vérité... mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, elles peuvent même s'accorder avec la thèse que soutenait nos ancêtres du Moyen Âge, à savoir que LES FÉES EXISTENT bel et bien...

(L'Impératrice, version à l'encre sepia)

Aujourd'hui, certains penseurs (et non des moindres !) l'affirment nettement.

« Rien ne s'oppose en principe, non seulement à ce qu'il y ait de tels êtres, mais encore à ce qu'ils soient aussi diversifiés que possible. Il est très certain que, presque chez tous les peuples et à toutes les époques, il a été question de tels êtres et ce ne doit pas être sans raison, car, quels que soient les noms qui leur ont été donnés, ce qui est dit de leur façon d'agir concordent remarquablement ; seulement, nous ne pensons pas qu'ils aient jamais été regardés comme proprement « immatériels » et d'ailleurs la question, sous ce rapport, ne se posait pas exactement de la même manière pour les anciens que pour les modernes, les notions mêmes de « matière » et d'« esprit » ayant grandement changé de signification. D'autre part, la façon dont ces êtres ont été « personnifiés » se rattachent aux conceptions populaires, qui recouvrent une vérité plutôt qu'elles ne l'expriment, et qui correspondent plutôt aux apparences manifestées qu'à la réalité profonde... »

(René Guénon : l'Erreur spirite)

(La Fée des Neiges, tableau virtuel)

Rappelant, la doctrine traditionnelle et fondamentale des trois mondes (spirituel, subtil et corporel), Jean Borella note : « il faut ajouter à ces illustrations savantes de la doctrine des trois mondes, une illustration populaire, celle du folklore, des contes et légendes : fées, génies, elfes, korrigans, djinns, sont des êtres parfaitement réels, ou des forces subtiles revêtues parfois d'une apparence individuelle. Mais qui parmi les hommes d'aujourd'hui est capable de braver le ridicule, en souscrivant à une telle affirmation ? » (La Charité profanée page 115).

(La Vol de la Fée, tableau virtuel)

Quant à nous, nous n'hésitons pas à braver le ridicule pour souscrire entièrement à cette affirmation !

(La Fée des Chardons, tableau virtuel)

Sans oublier que parfois, les fées prennent l'apparence d'une jeune fille que vous croyez connaître, et qui soudain se fait fée...

(Initiation, huile sur panneau)

(L'Esprit du Saule, tableau virtuel)

« Monde singulier, délicat, des fées, des lutins, fait pour une âme de femme. Dès que la grande création de la légende des saints s’arrête et tarit, cette légende plus ancienne et bien autrement poétique vient partager avec eux, règne secrètement, doucement. Elle est le trésor de la femme, qui la choie et la caresse. La fée est une femme aussi, le fantastique miroir où elle se regarde embellie.

 

(La Fée Libellule, tableau virtuel)

(La Nymphe de l'Epte, huile sur bois)

« Viens t'asseoir sur ce lit de fleurs, que je caresse tes joues charmantes, et que j'attache des roses musquées sur ta tête douce et lisse et que je baise tes belles et longues oreilles, mon ineffable joie ! »
(W. Shakespeare, le Songe d'une nuit d'été.)

 

 

(L'amour de Titania, tableau virtuel)

 

Que furent les fées? Ce qu’on en dit, c’est que, jadis, reines des Gaules, fières et fantasques, à l’arrivée du Christ et de ses apôtres, elles se montrèrent impertinentes, tournèrent le dos. En Bretagne, elles dansaient à ce moment, et ne cessèrent pas de danser. De là leur éternelle sentence. Elles sont condamnées à vivre jusqu’au jour du Jugement.  Plusieurs sont réduites à la taille du lapin, de la souris.

(La Fée aux champignons, tableau virtuel)

Exemple, les Kowrig-gwans (les fées naines), qui, la nuit, autour des vieilles pierres druidiques, vous enlacent de leurs danses.

(La Source, aquarelle)

(La Fée des souches, tableau virtuel)

« Vous, serpents tachetés, au double dard,
Hérissons épineux, ne vous montrez pas,
Salamandres, orvets, ne soyez pas malfaisants,
N'approchez pas de la reine des fées.

Philomèle, avec ta mélodie,
Accompagne notre douce chanson ;
Lulla, Lulla, Lullaby ! Lulla, Lulla, Lullaby !
Que ni malheur, ni charme, ni maléfices
N'atteignent notre aimable dame,
Et bonne nuit avec Lullaby.

Araignées fileuses, ne venez pas céans ;
Arrière, faucheux aux longues pattes, arrière !
Noirs escarbots, n'approchez pas.
Vers et limaçons, ne faites aucun dégât.

Philomèle, avec ta mélodie,
Accompagne notre douce chanson ;
Lulla, Lulla, Lullaby ! Lulla, Lulla, Lullaby !
Que ni malheur, ni charme, ni maléfices
N'atteignent notre aimable dame,
Et bonne nuit avec Lullaby. »

(W. Shakespeare, le Songe d'une nuit d'été.)

 

(Viviane, tableau virtuel)

Exemple, la jolie reine Mab, qui s’est fait un char royal dans une coquille de noix. Elles sont un peu capricieuses, et parfois de mauvaise humeur. Mais comment s’en étonner, dans cette triste destinée ?Toutes petites et bizarres qu’elles puissent être, elles ont un cœur, elles ont besoin d’être aimées. Elles sont bonnes, elles sont mauvaises et pleines de fantaisies. A la naissance d’un enfant, elles descendent par la cheminée, le dotent et font son destin. »

 

(Jules Michelet, la Sorcière)


LA FEE MELUSINE

 

Fées
© 2010 août 2007