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LAC D'AMOUR Chevelure rassemblée
(Le Chignon, aquarelle.) Drapés et plis aux yeux d'ombre
(La Sieste, lavis à l'encre sépia.)
(Communication intime, lavis à l'encre sépia.) Branches enchevêtrées.
Cheveux noués ou dénoués.
Poignet orné d'un ruban d'or. Autant de liens et d'attaches Lac d'amour...
« Ces cheveux, ces liens, dont mon cœur tu enlasses, (Ronsard, Sonets pour Hélène.)
Avril 2008 Un petit vasistas, laisse tomber une lumière paisible sous laquelle j'ai placé la planche à dessin avec son papier tendu recouvert d'un encollage pour la tempera. Et tout près de moi sont rangées bien d'autres planches : œuvre en cours, œuvre inachevée, œuvre que peut-être aucun œil ne verra jamais parce que je la garderai par devers moi ou parce que je n'aurai pas su la conduire à bonne fin. Mais est-ce si important ? Age quod agis. Et ici, faire, c'est dessiner ce sillon de plomb que la mine de crayon imprime dans le gesso immaculé. Le but n'est-il pas déjà tout entier dans cet instant qui nous y mène ?
Dehors, résonne une petite clochette.
« D'où me vient , ô mon Dieu, cette paix qui m'inonde D'où me vient cette foi dont mon cœur surabonde, se demandait Lamartine. » C'est le moment de peindre la belle absente.
Baudelaire écrit dans ses petits poèmes en prose : « malheureux peut-être l'homme, mais heureux l'artiste que le désir déchire ! Je brûle de peindre celle qui m'est apparue si rarement et qui a fui si vite comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu'elle a disparu ! » Le peintre doit alors se rappeler les traits à peine entrevus. Les amoureux d'autrefois conservaient sur eux un petit médaillon, une image peinte sur ivoire qui n'était point toujours ressemblante et qu'ils raccordaient tant bien que mal à leurs souvenirs.
Pourtant restituer l'image d'un visage qui n'est plus devant soi, n'est-ce pas jouer avec une certaine douleur ? Celle-là même qui jadis avait écrasé Schumann sous le poids de sa terrible évidence : comment être sûr de retrouver l'autre au-delà de toutes ses métamorphoses ?
La clochette tinte encore et toujours.
(Le Prélude de Chopin, huile sur bois.)
(Lac héraldique, gouache.)
(La Fin de l'été, tableau virtuel.) « Que peu de temps suffit pour changer toutes choses.
(Nœud héraldique, encre et gouache.) Le concept de liberté est répétitivement exposé positivement en termes de motion à volonté et négativement en termes de relâchement des liens, nœuds ou lacets. En sanscrit, être indépendant est exprimé par le terme significatif sva-tantra, être son propre fil ; si nous connaissons notre Soi, nous ne sommes pas, alors, le nœud, mais le fil sur lequel est fait un nœud... (Ananda K. Coomaraswamy)
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| Lac d'amour |
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| © 2010 août 2007 |